L’Eglise Maure Orthodoxe

1 Nov, 2011 par

L’Eglise Maure Orthodoxe

Par Spartakus FreeMann

« Ne lutte pas contre ton désir de connaissance ; il mourra dans la tombe. Sois honnête ici, tu seras sage après » (Circle Seven Koran).

Ceux qui connaissent les œuvres d’Hakim Bey ont pu y lire de nombreuses références à l’Église Maure Orthodoxe (« Moorish Orthodox Church » ou « MOC »), à Noble Drew Ali et au Circle Seven Koran(ou Holy Koran of the Moorish Science Temple of America). Nous avions publié par ailleurs une traduction de l’« Histoire et catéchisme de l’Église Orthodoxe Maure » de Ustad Selim et Arif Hussein Al-Camaysar, mais il nous semblait agréable et beau de commettre notre propre papier reflétant une volonté – imaginale et ontologique – de poser les fondements d’une « Église Orthodoxe Maure Celtique ».

Moorish Science Temple Conclave à Chicago, 1928. Noble Drew Ali est debout au premier plan.

Noble Drew Ali et les Maures d’Amérique.

Historiquement, tout débute « avec le message du Prophète américain Noble Drew Ali, né Timothy Drew en Caroline du Nord en 1886, élevé par des Indiens Cherokee et adopté par cette tribu. À 16 ans, Drew débuta ses pérégrinations comme magicien de cirque, ce qui l’amena en Égypte où il reçut l’initiation d’un prêtre, le dernier d’un culte de Haute-Magie pratiqué pendant des siècles dans la pyramide de Chéops. Ce mage reconnut dans ce jeune américain la réincarnation d’un ancien chef de ce culte et vit en lui le prophète qu’il était » (« Histoire et catéchisme de l’Église Orthodoxe Maure »). En réalité l’Égypte dont il est ici question est une métaphore mystique pour l’entrée de Drew dans une forme de maçonnerie « africaine ». On peut supposer, sans pouvoir cependant le vérifier, qu’il devait s’agir d’une loge de Shriners – probablement l’« Ancient Egyptian Arabic Nobles of the Mystic Shrine » ou « Black Shriners » relevant du Prince Hall (maçonnerie réservée au noirs) – au sein de laquelle Timothy Drew a gravi les différents degrés, mais surtout dans laquelle il semble avoir bénéficié d’un enseignement qui lui faisait jusqu’alors défaut.

La légende veut qu’à l’occasion d’une retraite dans les forêts de Caroline du Nord, en 1913, une voix l’ait guidé vers un lieu où il est entré en contact avec l’esprit d’Allah qui lui confia la tâche d’être le premier et l’unique Prophète d’Amérique et lui donna pour nom Noble Drew Ali. Il retourna alors à Newark où il établit le « Holy Moabite Temple of Science of the World ».

Noble Drew fonde en 1916 le « Moorish Divine National Movement », qui sera rebaptisé plus tard « Temple de la Science Maure », sur la base des enseignements reçus. Le Temple de la Science Maure d’Amérique est alors constitué sous la forme d’une « société religieuse » incorporée selon l’Illinois Religious Corporation Act 805 ILCS 110. Le premier Temple de l’Islam fut ouvert le 15 octobre 1925. À la mort de Drew, plus de 30 temples étaient en activité.

Noble Drew Ali

Noble Drew Ali a voulu le Temple de la Science Maure d’Amérique (ou TSMA) comme un mouvement civique de défense des droits des noirs, d’auto-détermination, de fierté « raciale » à une époque où les USA refusaient encore – malgré l’abolition de l’esclavage – de reconnaître aux noirs une égalité de droit. En ce sens on peut rapprocher le TSMA de Nation of Islam ou des mouvements ultérieurs de luttes pour les droits des noirs.

« La clé de la civilisation était et est entre les mains des nations asiatiques. Les Maures, qui sont d’anciens Moabites, et les fondateurs de la Sainte Cité de La Mecque.

Les Égyptiens qui étaient des Hamathites, et descendants directs de Mizraïm, les Arabes, la graine de Hagar, les Japonais et les Chinois.

Les hindous d’Inde, les descendants des anciens Cananéens, Hittites et Moabites du pays de Canaan.

Les nations asiatiques de l’Amérique du Nord, du Sud et Centrale : les Américains Maures et les Mexicains de l’Amérique du Nord, les Brésiliens, les Argentins et les Chiliens de l’Amérique du sud.

Les Colombiens, les Nicaraguayens et les indigènes du San Salvador en Amérique centrale, etc. Tous ceux-là sont des Musulmans. »

(Cicle Seven Koran, chapitre XLV, « Les Origines divines des nations asiatiques »)

La population noire refusant, majoritairement, l’association à ses anciens maîtres (les esclaves portant souvent le nom de famille de leurs anciens propriétaires), mais incapables, totalement déracinés de leurs origines, de se retrouver dans le mythe d’un retour en Afrique, Noble Drew leur offrit une alternative mythologique et totalement en-dehors des fondements religieux et politiques des « Européens ». Les « noirs » – terme refusé et banni par Drew et le TSMA – n’étaient plus seulement des Africains, mais des « Asiatiques » dont la race descendait des Cananéens qui dominaient alors le nord-est et le nord-ouest de l’Afrique ainsi que l’île de l’Atlantide (sic) avant sa disparition dans les flots, et qui avaient colonisé les Amériques bien avant l’arrivée des Européens. Drew refusait la nationalité des États-Unis d’Amérique arguant que les Maures d’Amérique étaient des autochtones ne relevant pas du gouvernement américain et de ses lois. Il dut cependant vite faire marche arrière : les passeports maures proclameront l’identité maure, mais également la reconnaissance de l’état de citoyen des États-Unis d’Amérique. Dans le Seven Circle Koran, il est écrit que les Maures ont subi l’esclavage à cause de leurs pêchés et que seul un retour à la vraie foi leur permettra de retrouver leur liberté et leur fierté.

« Voilà pourquoi la nationalité des Maures leur fut retirée en 1774 et que le mot nègre, noir ou homme de couleur fut affublé aux Asiatiques d’Amérique qui descendaient des Maures ; car ils n’honoraient pas les principes de leur père et de leur mère et ils rampèrent vers les dieux de l’Europe dont ils ne connaissaient rien ».  – Circle Seven Koran, Chapitre XLVII.

La religion catholique – jugée négativement comme un instrument de pouvoir des blancs – était remplacée par un Islam fantasmatique, imaginal, mythologique. Ainsi, Jésus sera pour le TSMA, un pur Asiatique, son évangile ayant été « corrompu » par les blancs que Drew surnommait les « Satan ». Petit à petit son discours change et des Européens seront finalement acceptés au sein du TSMA en étant identifiés aux « Celtes » et donc appartenant aussi à la race Asiatique. Plus tard, lorsque des blancs commencèrent à réellement s’intéresser à la Science Maure et demandèrent à y entrer, il choisit de les assimiler désormais aux « Perses », une identité plus spirituelle que factuelle.

Les membres portaient des fez et ajoutaient souvent les suffixes « Bey » ou « El » à leurs noms, pour affirmer leur héritage maure. L’utilisation de titres initiatiques comme diacre ou exilarque était également fréquente.

Le Temple de la Science Maure reposait sur un matériel mystique puisé à différentes sources et constituait un « réseau de spiritualités alternatives se concentrant sur le pouvoir de l’individu à provoquer une transformation personnelle au travers de la connaissance divine de la divinité intérieure » (Susan Nance, « Mystery of the Moorish Science Temple : Southern Blacks and American Alternative Spirituality in 1920s Chicago », Religion and American Culture 12, n° 2). Drew y enseignait que les croyants devaient faire face à l’est pour prier, considérer le vendredi comme un jour saint, appeler leur dieu Allah et le considérer lui-même comme le Prophète. Les croyants, s’ils peuvent ne pas suivre toutes les obligations de l’Islam, prient cinq fois par jour et font le pèlerinage à La Mecque s’ils le désirent, sans aucune obligation.

Notons enfin que l’Islam orthodoxe n’a jamais accepté de reconnaître le « Moorish Science Temple of America » comme musulman.

Les Sept Ombres de la Sagesse :

  1. 1.     Celui qui ne sait pas, mais qui se bat pour savoir est un chercheur ;
  2. 2.     Celui qui ne sait pas ce qu’il devrait savoir est un vagabond, guide-le ;
  3. 3.     Celui qui ne sait pas ce qu’il devrait est endormi, réveille-le ;
  4. 4.     Celui qui ne sait pas, et est effrayé, est un esclave, libère-le ;
  5. 5.     Celui qui ne sait pas, et ne veut pas savoir est mort, enterre-le ;
  6. 6.     Celui qui sait, et partage ce qu’il sait est un sage, nourris-le ;
  7. 7.     Celui qui ne sait pas, mais prétend savoir est un imposteur, rejette-le.

Noble Drew Ali.

  Circle Seven Koran.

Circle Seven KoranL’ensemble de la prédication et des enseignements de Noble Drew Ali sont contenus dans le Circle Seven Koran reçu, comme nous l’avons dit, lors d’un voyage en Égypte. Il était ainsi nommé, car sa couverture porte un « 7 » rouge entouré d’un cercle bleu.

 Extrait du chapitre 1 :

« Écoutez, maintenant, vous mondes, dominions, puissances et trônes !

Écoutez, maintenant, vous chérubins, séraphins, anges et vous hommes !

Écoutez, maintenant, ô protoplastes, et terre, et plantes, et bêtes !

Écoutez, maintenant, vous choses rampantes de la terre, vous poissons qui nagez, vous oiseaux qui volez !

Écoutez, maintenant, vous vents qui soufflez, vous tonnerres et vous éclaires du ciel !

Écoutez, maintenant, vous esprits du feu, de l’eau, de la terre et de l’air !

Écoutez, maintenant, ô toute chose qui est, fut ou sera, car la Sagesse parle du plus haut de la vie spirituelle :

L’homme est une pensée d’Allah ; toutes les pensées d’Allah sont infinies ; elles ne se mesurent pas par le temps, car les choses qui sont concernées par le temps, commencent et finissent.

Mais l’homme, comme toutes les autres pensées d’Allah, n’était qu’une graine, une graine qui enclot en elle les potentialités d’Allah, tout comme la graine d’une plante de la terre qui contient en elle les attributs de toutes les parties de son espèce. »

Croissance et essaimage.

À Chicago, Noble Drew émit plusieurs Passeports Maures et devint rapidement la cible du pouvoir policier, ce qui se termina par une attaque contre le Temple de la Science durant laquelle beaucoup de fidèles furent tués. L’un des membres, Claude Green El, quitta l’organisation en s’autoproclamant grand cheik et en emmenant avec lui un certain nombre d’adeptes. Il fut poignardé par des inconnus et Drew, soupçonné d’avoir commandité le meurtre, fut arrêté et battu par la police. Libéré, il est mort peu après, en 1929 dans l’attente de son jugement. Les circonstances exactes de son décès restent inconnues. Son implication dans le meurtre de Claude Green El n’a jamais été prouvée.

Tombe de Noble Drew Ali

Le Temple éclata ensuite en trois factions rivales. C. Kirkman-Bey, son ami et confident, est devenu le dirigeant du groupe le plus important, toujours en activité aujourd’hui : « Moorish Science Temple of America, inc. ».

Une scission a formé le « Reincarnated Temples » (Temples réincarnés) mené par l’ancien chauffeur de Drew, J. Givens El, qui s’est ensuite appelé « Noble Drew Ali, Reincarnated » (« Noble Drew Ali réincarné »). Selon Givens El l’esprit prophétique de Noble Drew Ali est resté intact et passe de successeur en successeur.

De ce groupe procède le « Noble Order of Moorish Sufis » (« Noble Ordre des Soufis Maures »), fondé à Baltimore en 1957 par l’ancien grand mufti Rafi Sharif Bey.

Warren Tartaglia (Walid al-Taha) et la Moorish Orthodox Church.

C’est dans ce dernier groupe que prendra naissance la « Moorish Orthodox Church » (« Église Orthodoxe Maure ») fondée, entre autres, par Warren Tartaglia.

Tartaglia était un musicien de jazz, un poète et devint l’un des six fondateurs de l’Église Maure Orthodoxe d’Amérique. Né le 13 mars 1944 à Mount Vernon dans l’état de New York, il est l’arrière-petit-fils d’un rabbin.

Il étudie au Mount Vernon A.B. Davis High School où il devient l’ami de Mike Maggid, le photographe officiel du Noble Ordre des Soufis Maures fondé en 1957 par le Grand Mufti Sultan Rafi Sharif Bey et issu d’une faction du Temple n° 13 du Temple de la Science Maure de Noble Drew Ali. Tartaglia rejoint l’Ordre, grâce à sa cousine Rachel Yaqoubi El, en 1959 et y reçut son nom maure : « Walid al-Taha ». Lorsqu’il entre à l’université de New York, Tartaglia y fonde un temple et dirige alors la Province d’Orissa (État de New York), tandis que G.M Foster (Ghulam El Fatah) devient gouverneur de la Province de Behar (New Jersey) et dirige le Temple n° 14 à Newark.

 Il donne les chartes officielles des Temples du Noble Ordre n° 7, n° 22 et n° 23 qui seront à l’origine de l’établissement en 1965 de l’Église Maure Orthodoxe à l’université de Columbia.

Le Noble Ordre des Soufis Maures (NOSM) entre en contact avec l’Ordre de la Résurrection de l’archevêque Augustus Franz Itkin. Un échange de transmission a alors lieu, l’Ordre de la Résurrection recevant les initiations maures, le NOSM recevant la consécration épiscopale de la tradition syro-jacobite (Église Syro-jacobite orthodoxe – Rite d’Antioche). Fatah El fut ordonné et Walid al-Taha et Salim Bey furent ordonnés diacres.

Plus tard, certains membres de du NOSM fondèrent l’Église Maure Orthodoxe sur base de ce mélange de mystique maure et orthodoxe. Les fondateurs seront : Zill El, Maggid Bey, Fatah El, Scully El et P.L. Wilson (Hakim) Bey qui en deviendra le Métropolite. Dix loges seront établies opérant leur propre version de la Chambre de l’Adepte « Troisième Paradis ».

Tartaglia participe, avec Al Fowler, Ed Sanders, Ghulam El Fattah (Gregory Foster), Barbara Holland, et Harry Fainlight, à des émissions radiophoniques sur la station WBAI en 1965 durant lesquelles il récite ses poèmes qui seront publiés de façon posthume dans l’unique numéro du journal Destruction of Baltimore.

Tartaglia était un artiste, poète, musicien de jazz, mystique, mais son amour pour l’opium a mis à mal ses études, sa carrière et sa vie… En 1965, il tombe dans le coma dans un parc de New York et décède 10 jours plus tard à l’hôpital. En sa mémoire, le Temple n° 2 du Noble Ordre des Maures Soufis est baptisé « Walid al-Taha Memorial Temple ».

L’Église Maure Orthodoxe continua son œuvre en publiant, de 1965 à 1967, le Moorish Science Monitor. À la même époque, un Maure connu sous le nom de Wali Fard voyagea pendant quelques années en Inde, en Iran et en Afghanistan où il collecta diverses initiations : tantrisme, soufisme, ismaélisme. De retour aux USA à la fin des années 70, il constitua le Moorish Orthodox Ashram dans le New Jersey.

Entrée en sommeil durant les années 70, l’Église reprendra ses activités principalement au travers des écrits d’Hakim Bey et de la « Moorish Orthodox Radio Crusade » avec Bill Weinberg, Ann-Marie Hendrickson, Sharon Gregory et Bob McGill.

Les Cent Graines de Beyrouth (The Hundred Seeds of Beirut)

Recueil de poèmes de Tartaglia publié en 2006 à Chicago par Magribine Press.

En les lisant, n’oubliez pas de verser une larme pour notre Frère Maure & de vous souvenir de ceux grâce à qui le Circle Seven Koran a pu nous être transmis.

 AGENTS DU CHAOS.

 1.     Le Pavillon

(après avoir rencontré le garçon,

il construit un PAVILLON près de la rivière

afin de les abriter de l’orage. Lorsqu’il eut fini, il dit 🙂

J’étais porté par les comètes

& enchaîné par le vent seul

Mais maintenant que tu prends ces chaînes

Je sens un sucre épais couler dans mes veines.

Combien doux est l’esclavage de la chair

Qui t’emprisonne aussi mon maître

Dans une corde d’étoiles.

Deux serpents s’enroulent autour de moi

Tout chauds sortis de l’œuf.

Un filet ou une maille

De sons éclos, murmure des mots

Pour attraper le silence de la nuit

Le plaisir comme un chant invoque

Un cristal du chaos

Un prisme de basalte

Pour refléter le visage

D’immenses traits dorés et vides

Du chaos lui-même

Les feux de l’espace.

Mystique.

Cette église se présente comme un mouvement religieux syncrétique ayant intégré la tradition liturgique chrétienne orthodoxe au corpus mystique de l’Islam, déjà présent au sein du Temple de la Science Maure. Il s’inspire aussi des traditions soufies Chishti, Bekhtashi et Oveyssi, du Tantra (bouddhiste et hindouiste), de la religion des yézidis, des enseignements des Védas, de la Kabbale, de la Rose-Croix, de la mythologie des ismaéliens (en particulier des Assassins) et des Templiers, mais également de la Wicca, de la Franc-maçonnerie et de la Magie du Chaos. On retrouve enfin une forte influence Shriners, cette maçonnerie « noire » issue de Prince Hall.

La silsila (filiation spirituelle) de l’Église Maure Orthodoxe remonte à Noble Drew Ali au travers de Marcus Mosiah Garvey, John G. Jones et Rofelt Pasha ; ainsi qu’à Walid al-Taha par John Given El, Tomothy Dingle El, Sultan Rafi Sharif, Rachel Yaqoubi El et Hakim Bey.

Enfin, comme nous l’avons vu, l’Église Maure Orthodoxe a reçu les apports de certains episcopi vagantes chrétiens tel l’archevêque de San Francisco, l’activiste gay Mikhaïl Itkin, aujourd’hui disparu et canonisé sous le nom de Saint Mikhaïl de Californie (fêté le 6 mai).

Les adeptes actuels de l’EMO ont subi l’influence des écrits de Peter Lamborn Wilson (Hakim Bey) et se veulent libres selon les paroles mêmes de Drew Ali : « Vous êtes, chacun d’entre vous, un prêtre simplement pour vous-même » ; égalitaires et ouverts, car « Allah et l’Homme sont Un ». Ils se veulent « cosmopolites sans racines » à la recherche de l’esprit universel présent en chaque parcelle de la plus petite chose de cette terre. Rien de plus, rien de moins, ce qui est déjà tant.

Moorish Science Monitor

Moorish Science Monitor

 Millenium.

Dans les années 90, le diocèse de l’EMO du New Jersey sous l’impulsion de l’évêque Sotemohk A. Beeyayelel transféra son siège dans le petit village de Ong Hat et revint à une pratique chrétienne orthodoxe (dans le sens des églises des episcopus vagantes) bien que sûrement hérétique aux yeux de beaucoup, et y poursuivit sa mission consistant à aider les communautés marginalisées : les homos, lesbiennes, bisexuels, transsexuels…

Un accord sera signé en 1996 entre le NOSM et l’EMO qui mènera à l’établissement de la Ligue Maure basé dans le Nazarene Temple n° 1 de Baltimore. Hakim y recevra le titre de « al-dabir », le « Scribe », en reconnaissance de son ouvrage « Sacred Drift ».

En 2010, le diocèse du New Jersey de l’EMO devint la mer primatiale de l’Église pour l’Amérique du Nord et du Sud et transféra son siège dans le Kentucky. L’évêque Sotemohk fut investi du Primat sous le titre de Mâr Sotemohk Lingamananda. C’est à cette époque que seront institués l’Alamut College et l’Hakim Bey Theological College.

Moorish Orthodox Radio Crusade

La « Moorish Orthodox Radio Crusade » était un collectif constitué par :

–       Peter Lamborn Wilson, Hiérophante Emeritus

–       Bill Weinberg, Senior Ranter

–       Ann-Marie Hendrickson, Resident Athena

–       Sharon Gregory, Homebody Amazon (MIA)

–       Bob McGill, Ingénieur et Archéologue

La MORC se présentait, jusqu’en mars 2011, sous la forme d’émissions de radio diffusées sur la station WBAI. Les sujets couverts allaient de la légalisation des drogues aux conspirations type « 11 septembre » en passant par la révolution zapatiste, la mystique soufie, etc. C’est sur la base de ces émissions que paraîtront les Radio Sermonettes de Peter Lamborn Wilson.

ET ?

Oui et ? Pourquoi ce texte, pourquoi donc vous embêter à vous entretenir d’une église inconnue, minoritaire – sans intérêt diraient les bien-pensants – ? Et bien justement parce que notre monde est entré dans ce millénaire que l’on aurait désiré spirituel, mais qui se révèle, jour après jour, un champ d’expérimentation des suppôts de Babylone ; un jardin pourrissant derrière les barreaux de fer noir de la Prison de l’Empire. Notre époque semble exsangue de forces politiques aptes à apporter l’insurrection contre l’inacceptable. Le spirituel n’est pas un jeu d’oisifs, un placebo au changement, il est et doit demeurer le moteur imaginal – mais réel – d’une révolte, d’un changement, d’une eutopia possible, car désirable.

Selon le principe gnostique récurent qui a voulu que la Hiérarchie Maure originelle soit elle-même autoproclamée, nous proclamons que chacun est libre d’imprimer son Passeport Maure de l’Église Orthodoxe Maure Celte, de s’en réclamer membre de droit et même d’adopter un titre officiel comme bon lui semblera. Car « à partir de rien, nous imaginons nos propres valeurs, et par cet acte de création, nous vivons » (PLW). La filiation est spirituelle, une amitié élective et cependant naturelle unira celles et ceux qui, ensembles, veulent travailler par…

…  Amour, Vérité, Paix, Liberté, Justice & Beauté.

 Spartakus FreeMann Bey, exilarque d’Oulan-Bator, au nadir de Libertalia, octobre 2011 e.v.

Sources:

 –       http://en.wikipedia.org/wiki/Moorish_Orthodox_Church_of_America

–       http://www.studiovalentine.com/walid.html

–       http://www.morc.info/

–       http://www.esoblogs.net/auteurs-tags/eglise-maure-orthodoxe/

–       http://hermetic.com/bey/7koran.html

Ad Parnassum, Paul Klee, 1932. Kunstmuseum, Bern.

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1 commentaire

  1. Dryustan Artosa Novalis Byron

    … »les barreaux de fer noir de la Prison »… voilà qui me rappelle quelque chose ;). Texte très éclairant sur les racines d’Hakim Bey. Je sens que je relirai les paragraphes « Mystique » et « ET ? ». Une fois n’est pas coutume, merci, Spartakus FreeMann Bey, pour ton travail.

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